25/10/2010

La nécessaire contestation pour les générations appelantes par C Péguy et M.Revault d’Allonnes

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L’avocat de demain, guetteur attentif, utilisera sa liberté de parole pour continuer d’être ce pourquoi il est fait : un combattant (Me Yves Repiquet)" cliquer

 

Je blogue à nouveau l'interwiew par le Figaro du 30 juin 2007 de Madame Myriam Revault d’Allonnes  sur la crise de l'autorité.

Son analyse historique nous rappelle nos jeunes confrères constituants de 1789 qui durant de nombreuses années de crise  ont su avec succès refonder une nouvelle démocratie avec un début de justice humaniste.

Ce texte philosophique nous remet en mémoire l' ardente obligation d'une nécessaire contestation pour les générations appelantes  gràce à  Charles  Péguy et Myriam .Revault d’Allonnes.

Pour nous, avocats, cette contestation ne peut se faire que dans le respect de notre serment

Le Figaro Magazine - Qu'est-ce que l'autorité ? 


Myriam Revault d'Allonnes

- Je donnerai d'abord une définition de ce que n'est pas l'autorité. Car il existe une grande confusion entre pouvoir et autorité. «Je veux restaurer l'autorité» signifie souvent «je veux restaurer l'obéissance». Cela ne concerne pas l'autorité, mais le pouvoir.

 L'autorité n'appelle pas à l'obéissance mais à la reconnaissance, on ne la détient pas, on l'exerce. Il est difficile de définir l'autorité de manière positive.

Elle ne résulte pas d'une relation hiérarchique faisant appel à la contrainte, pas non plus d'une relation égalitaire, la relation d'autorité implique une dissymétrie, quelque chose de très énigmatique, d'opaque, de l'ordre de la transcendance. Etymologiquement, autorité vient du latin auctoritas.

Certains linguistes ont cherché la racine indo-européenne d'autorité. Or, elle désigne le fait d'augmenter, d'ajouter quelque chose de créateur, de faire venir quelque chose à l'existence. L'autorité dans sa force faisait référence au divin.

Puis on assiste à une mutation...

Cela se complique à partir du XVIIe siècle avec Descartes et le rationalisme triomphant, la toute-puissance de la raison. Naît alors le conflit entre l'autonomie de la raison et le respect de la tradition. Plus tard, la philosophie des Lumières s'en prendra fondamentalement à l'autorité du dogme, au nom de l'autonomie de la raison. Ainsi, dans L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, dans l'article sur l'autorité, trouve-t-on : «Qu'importe que d'autres aient pensé ceci ou cela avant nous pourvu que nous, nous pensions bien.» Il y a une grande difficulté entre la modernité, qui se veut un arrachement au passé, et l'acceptation traditionnelle de l'autorité, qui reflète des valeurs transmises par le passé. Dans les sociétés qu'on dit traditionnelles, c'est la tradition même qui fait autorité. Or, il y a une rupture avec cela dès lors que la société demande le contrat social. 

Cela conduit en France à la Révolution de 1789. Quels changements observe-t-on ensuite ?

Ce qui a fait autorité après la Révolution, ce sont des idées comme le progrès. C'est ce sur quoi s'appuient les théories de Hegel et Marx. On disait avant : «Ce qui fait autorité, c'est le passé.» Dans les sociétés modernes, c'est l'avenir. Lorsqu'on croit qu'une société est en marche vers un avenir meilleur, cela fait autorité. Cela a fonctionné jusqu'à l'effondrement du communisme et la fin des idéologies. C'est pour cela qu'aujourd'hui la crise de l'autorité atteint son paroxysme. Nous n'avons plus confiance dans l'autorité du passé - cela fait plus de deux siècles -, mais nous n'avons plus confiance non plus dans l'autorité de l'avenir. Nous sommes dans une grande désorientation. Ce qui ne signifie pas qu'il n'y a plus d'autorité. 

Où se situe alors l'autorité aujourd'hui ?

Je crois que l'autorité consiste à donner à ceux qui viendront après nous l'opportunité de commencer quelque chose.

Charles Péguy parlait magnifiquement des «générations appelantes». 

Quelque chose de l'ordre de la transmission ? 

Oui. Le fil de la transmission n'implique pas la répétition des contenus, mais l'autorité que l'on donne pour commencer quelque chose. On ne commence pas quelque chose à partir de rien. Seul Dieu peut créer ex nihilo...

 

11:55 Publié dans La fonction d'avocat | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : justice, ace, cnb, cosal | |  Facebook |  del.icio.us | | Digg! Digg | | Pin it! |  Imprimer | | |

Commentaires

je remets à jour ce blog

patrick michaud avocat

Écrit par : Mise à jour | 08/10/2007

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