25/03/2007

25 MARS 1957 - 25 MARS 2007:La Commission, pilier malade du Traité de Rome par Yves MENY

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         Nous, citoyennes et citoyens d'Europe, sommes unis pour le meilleur...»

Cette  formule, reprise au début de la déclaration qui commémorera dimanche à Berlin le 50e anniversaire du Traité de Rome du 25 mars 1957, reflète la double ambition de la présidence allemande: renouer avec les opinions publiques, et présenter l'UE sous un jour le plus positif possible. «La construction européenne nous a apporté la paix et la prospérité. Elle a favorisé la coopération et dépassé les contradictions», poursuit le texte sur lequel a veillé la chancelière Angela Merkel. Elle a notamment obtenu qu'y figure la date butoir des élections européennes de 2009 «pour asseoir de nouvelles bases institutionnelles communes».

Mais, en fait, le malaise avec l’opinion publique européenne  ne provient il pas d’abord de la commission ?

Pour  le professeur français Yves Mény, directeur de l'Institut européen de Florence (Italie) la réinvention de l'Europe née en 1957 passe par un remodelage de l'exécutif de Bruxelles comme il la écrit dans le journal LE TEMPS.(24.03.07)

«En vue d'assurer le fonctionnement et le développement du marché commun [...] la Commission veille à l'application du présent traité [...], formule des recommandations ou des avis [...], dispose d'un pouvoir propre de décision...»


medium_traite_de_rome_2.jpgL'article 155 du Traité de Rome signé le 25 mars 1957 distribue des tâches aux différentes institutions qu'il crée. En leur assignant une mission. Aux côtés du Conseil (qui représente les pays membres), celle de la Commission est de défendre les intérêts de l'Europe et donc des Européens.

Or, cinquante ans après, le bât blesse.

 Le syndrome bureaucratique l'a emporté. Son QG historique du Berlaymont, à Bruxelles, fait surtout office de bouc émissaire. «Dérive bureaucratique» Pourquoi? «Parce que la dérive bureaucratique a été réelle, répond le professeur français Yves Mény, directeur de l'Institut européen de Florence (Italie). Cette perception résulte moins du nombre de fonctionnaires bruxellois que de l'hyper-réglementation engendrée par ses services. Regardez les photos des années1960: les commissaires étaient neuf, dans une ambiance de club anglais. Aujourd'hui, son président portugais José Manuel Barroso dirige une machine à produire du règlement. C'est comme cela qu'elle a perdu les opinions. Or elle ne veut pas le reconnaître.»

L'esprit du Traité de Rome s'en trouve ainsi trahi. Car l'Union européenne - qui a succédé en février 1992 à la Communauté - se retrouve boiteuse: «La Commission s'est fait plumer par les Etats membres, regrette Yves Meny. Ceux-ci l'ont cantonnée dans des tâches de surveillance et de gestion qui l'ont transformée en maillon faible. Pensez qu'aujourd'hui, même ceux qui reçoivent de l'argent de la Commission se plaignent de son harcèlement réglementaire!»

Le fossé politique a aggravé ces fractures: «La succession de Jacques Delors, en 1995, a été difficile. Le scandale de la Commission Santer a ensuite délégitimé l'institution.»

«Les Etats se méfient tellement les uns des autres qu'ils se protègent en augmentant la complexité des textes et du système», complète l'universitaire.

 Seule solution selon lui: «Que la Commission cesse de jouer ce jeu dans lequel elle s'enferre. Elle ne doit plus accepter d'être un organe composé à 50% de traducteurs et à 50% de contrôleurs. Elle doit se replacer dans le jeu politique en redevenant la gardienne des traités, ce qui suppose de prendre des initiatives pour les rénover. Elle doit également pouvoir utiliser son budget à contre-cycle, pour pondérer les effets de ces décisions.» A condition que l'UE tombe le masque: «Qu'on le veuille ou non, l'Union est une forme de fédéralisme, dotée de nombreux attributs étatiques. Il faut cesser de le masquer aux opinions. Il faut l'assumer.»

 

Position de P MICHAUD.

Les réflexions du professeur Meny sont innovatrices en ce qu'elles mettent en cause la responsabilité de la Commission devant l'échec populaire de l'UE

.Il propose de lui accorder plus d'initiatives.Pourquoi pas mais à condition  que ses membres deviennent politiquement véritablement responsables devant les citoyens de l'UNION. 

Par ailleurs, il sera indispensable de rechercher l'alchimiste qui pourra rapprocher les identites des citoyens.Des femmes et des hommes s'y essaient déjà comme je l'ai précisé dans un précédent blog

LE CHENE ,L 'OLIVIER et L'IDENTITE NATIONALE  cliquer pour lire

08:15 Publié dans NOTRE HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : présidentielles, justice, bayrou, royal, sarkozy, europe | |  Facebook |  del.icio.us | | Digg! Digg | | Pin it! |  Imprimer | | |

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