30/08/2011

Vacance du pouvoir !

Vacance du pouvoir !

 par Frédéric Lelièvre

 

Ce titre, vous ne le verrez pas dans la presse française

 

Il s’agit de l éditorial du TEMPS de Genève , quotidien qui n’est pas classé à une extrémité de la pensée économique mais il reflète bien un sentiment diffus

 

L’austérité, au péril de la croissance

Pierre-Alexandre Sallier et Sebastien Dubas Le Temps

 « Nous y sommes. Les chiffres de ces derniers jours montrent que la croissance n’est plus là, en Europe comme aux Etats-Unis. Et que le chômage ne baisse plus.

Nous sommes dans cette situation où les Etats assainissent leurs finances publiques, une nécessité, mais tous en même temps et à un rythme qui fait replonger leur économie dans la récession. Leurs rentrées fiscales ne vont guère en sortir gonflées.

On se demande encore à quoi servent le G20 et ses promesses d’action «coordonnée». Programmée début novembre à Cannes, sa prochaine réunion n’annonce pour le moment rien de convaincant. L’été financier fut pourtant meurtrier.

Le débat mérite encore d’être relancé: comment assainir les budgets des Etats sans tuer la croissance.

Bien sûr, l’innovation ou la démographie valent plus qu’un plan de relance conjoncturel pour le développement d’un pays. Ce sont cependant deux variables sur lesquelles on ne peut agir qu’à long terme. Or la situation exige des mesures rapides.

Ces dernières ne peuvent plus venir de la politique monétaire. A Francfort comme à Washington, les banques centrales ont tiré toutes leurs cartouches. D’où leurs appels aux politiques pour qu’ils prennent leurs responsabilités. Qu’ils prennent des engagements crédibles.

Les affrontements entre démocrates et républicains, d’une part, et les atermoiements des Européens, d’autre part, font cependant redouter qu’aucune réponse sérieuse ne soit vite trouvée. En bref, le pouvoir est vacant. Le dernier exemple est fourni par la France qui a déjà renvoyé à 2012 toute réforme de fond.

Un autre scénario s’esquisse alors, celui de la stagflation. Cette stagnation combinée à l’inflation se prépare des deux côtés de l’Atlantique. La hausse des prix dépasse 3% aux Etats-Unis; dans la zone euro, la BCE semble vivre avec plus de 2%. Sans compter que la tentation politique est sûrement grande de recourir à cet impôt silencieux pour effacer une partie des dettes. Ce n’est d’ailleurs pas seulement en raison de la surchauffe en Chine et en Inde que l’inflation était présentée en janvier dernier à Davos comme un danger aussi grand que celui de la crise de la dette ».

 

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